«La lutte continue» - Mais qui la conduit?… et où?



Introduction:

La fonction publique cantonale mène aujourd’hui 11 novembre 2008 une importante journée de grève. Nous ne souhaitons pas nous prononcer ici sur les motivations des grévistes, mais nous contenter de tirer un premier bilan des événements survenus ces derniers jours dans notre Canton. Un des éléments les plus intrigants, qui focalisera notre attention est la présence massive des gymnasiens, descendus dans la rue soutenir leurs enseignants.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, nous nous permettons d’indiquer que, dans cette affaire, le Conseil d’Etat n’est pas exempt de tout reproche. Le dossier Decfo-Sysrem traîne depuis de nombreux mois et la communication du gouvernement a jusqu’ici souffert de nombreuses lacunes. Le forum de l’AVMG montre que les maîtres sont longtemps restés dans la plus grande incertitude quant à leur avenir salarial.

A l’heure actuelle il faut relever que la position des enseignants est délicate. L’Association vaudoise des maîtres de gymnase (AVMG) regroupe bien des enseignants proches du POP ou de SolidaritéS, mais le mécontentement est si général que les clivages politiques traditionnels semblent totalement dépassés. Ainsi, dans les cortèges de manifestation il n’est pas rare de croiser des professeurs aux positions politiques plutôt conservatrices. Comprenons que les maîtres de gymnases se sentent à différents degrés, méprisés ou incompris. Face à ce malaise, leur réaction n’a en revanche pas été identique.



Intégration des gymnasiens au mouvement:

Quel ne fut pas l’étonnement de nombreuses personnes voyant, parmi les rangs des enseignants dans les cortèges de manifestations, nombre de gymnasiens prétendant soutenir leurs professeurs. Pour expliquer cette présence, le romantisme politique facilement attribué aux étudiants ne suffit pas. Se pencher sur les faits permet de distinguer quelques éléments poussant à croire qu’une volonté a existé, parmi certains enseignants, d’associer les gymnasiens à la grève.

Ainsi, le 28 octobre dans l’après-midi, sur le forum internet de l’AVMG, Laurent Carraz. enseignant au gymnase de Nyon, publie à l’intention des ses collègues syndiqués une lettre-type permettant brièvement d’expliquer Decfo-Sysrem aux gymnasiens. Cette lettre a été analysée dans La Nation du 7 novembre. Il s’agissait de présenter les faits de manière telle que les gymnasiens soient poussés à aller manifester.

Sur ce même forum, Sylvain Amaudruz, enseignant à Bugnon-Sévelin et délégue de l’AVMG pour son établissement explique que l’assemblée des maîtres a décidé le 28 octobre de convoquer les gymnasiens de Bugnon-Sévelin aux alentours de 10 heures 30 dans la journée du 30 pour leur expliquer Decfo-Sysrem (1).

Par la suite, Guido Albertelli, membre du comité de l’AVMG répond au message de son collègue de Bugnon-Sévelin en écrivant: «Pour ma part, convaincu que la mobilisation des élèves est souhaitable, je suis assez réservé quant à l’idée d’une présentation de Decfo à leur intention, même si je conçois que cela puisse être une démarche adéquate ailleurs. La lettre de Nyon constitue un moyen plus ‘léger’ dans ce sens. Mais chacun inventera son style!» M. Albertelli a compris que la lettre de Nyon permettait d’attirer les gymnasiens dans les manifestations, ce qui est son but.

Les manifestations gymnasiennes des 30 et 31 octobre se caractérisent par une certaine diversité. Ainsi, le déroulement des événements diverge d’un gymnase à l’autre. En ce qui concerne Sévelin par exemple, le 30 la séance d’information est organisée comme prévu, à l’intention des élèves. Sylvain Amaudruz, professeur de mathématiques dirigera cette séance tout comme il encouragera, le 31, le cortège des gymnasiens grâce à un mégaphone (2). On notera que les élèves avaient pour l’occasion également confectionné une pancarte de taille non négligeable.

A Auguste Piccard, le 30 octobre, les élèves entrent en possession de la lettre du gymnase de Nyon évoquée plus haut. Plus tard, d’après de nombreux témoignages concordants, «un inconnu louche» est passé dans les classes, affirmant que la direction avait donné l’ordre d’évacuer le gymnase. Une enseignante, présente sur le moment, ignorait tout des intentions de la direction (3).

A la Cité, enseignants et élèves descendent ensemble en ville rejoindre les autres manifestants pour faire le tour des bâtiments de l’administration cantonale. Mme Lyon est chahutée.

Après ces deux journées mouvementées, une coordination des gymnasiens se met en place avec en son centre l’extraordinaire outil de communication que représente internet. Les groupes Facebook se multiplient et enregistrent très rapidement de nombreuses inscriptions.

Les meneurs issus de Piccard et Sévelin cherchent des appuis logistiques qu’ils trouvent à la Maison de quartier sous gare où l’un des animateurs accepte de leur donner accès au bâtiment pour y tenir des réunions. Ils y trouvent également tout le matériel nécessaire à la fabrication de banderoles en vue de la journée du 3 novembre. On leur fourni aussi du matériel de sonorisation afin d’animer la Place de Milan. Avant cela, un gymnasien de Sévelin avait déjà pris contact avec la cellule vaudoise de l’Action autonome, un mouvement anarchiste qui leur prêta une sono-mobile.



Collaboration entre des grévistes et des meneurs-gymnasiens:

Le petit nombre de gymnasiens véritablement militants dans ce mouvement semble être en contact assez étroit avec certains membres des associations d’enseignants. Ceux-ci remercient ceux-là de leur soutien aux manifestations et les invitent à continuer à leur porter assistance. Lundi 3 novembre à 1 heure du matin, sur le forum de la coordination des gymnasiens vaudois (http://cdgvaud.1fr1.net) Guido Albertelli publie à titre informatif le bulletin qui allait être distribué aux autres maîtres de gymnase du canton le jour-même:

«L’AVMG salue la mobilisation des élèves des gymnases, qu’elle félicite et remercie pour leur engagement.

Si les élèves trouvent du plaisir à manifester avec nous (au point qu’on entend des voix réprobatrices affirmer que leur principale motivation est de s’amuser), nous nous en réjouissons. Et nous n’allons pas nous plaindre que notre jeunesse s’amuse à faire la grève plutôt qu’à des divertissements moins sains.

S’ils y trouvent un moyen d’exercer leur autonomie, nous nous en réjouissons évidemment encore: nous consacrons beaucoup d’efforts, à longueur d’année, à développer le sens de l’autonomie par l’acquisition du savoir.

Mais nous nous réjouissons surtout, au moment où nous nous sentons piétiné-e-s avec le plus grand mépris par notre employeur, de recevoir le soutien de nos élèves: ils et elles sont les seul-e-s avec nous dans nos classes (lorsqu’on dit que «le maître est seul dans sa classe», on l’oublie peut-être un peu trop), ils sont celles et ceux qui voient notre travail au quotidien, et ils constituent en fin de compte le sens de ce travail que nous défendons ces jours. A cet égard, leur présence à nos côtés, ou même parfois devant nous, constitue un signe de reconnaissance important et un puissant encouragement (s’il en fallait encore!) à poursuivre notre lutte.»

Les remerciements de l’AVMG sont, bien sûr, empreints de sincérité. Mais il n’empêche que de tels propos, tenus quelques heures avant une nouvelle journée de grève, ne peuvent qu’inciter les élèves à continuer leur mouvement, à ne pas abandonner leurs enseignants.



Politisation du mouvement:

Le lundi 3 novembre fut assurément un succès pour tous les gymnasiens qui avaient préparé cette journée durant tout le week-end. Grâce à leur distribution de tracts dès les premières heures du matin, à l’organisation d’assemblées générales comme au pique-nique festif sur la Place de Milan, ils permirent à leurs camarades venus de tout le Canton de se retrouver, de défiler dans le calme à travers les rues de la capitale et de prendre conscience de leur force.

Grisés par cette première victoire, les organisateurs décidèrent de se revoir rapidement sur Lausanne afin de coordonner leurs futures actions jusqu’au 11 novembre. Les élèves d’Auguste Piccard prirent à nouveau l’initiative et envisagèrent, dans un premier temps, de se réunir dans la Maison du Peuple à Chauderon. Faute de salle disponible, c’est à l’Avenue Dapples, dans la Maison de quartier que se retrouvèrent le mercredi 5 à 19h des gymnasiens de Burier, de Chamblandes, de Bugnon-Sévelin et de la Cité.

Jusqu’alors discret au sein du mouvement gymnasien, le Parti Ouvrier Populaire (POP) y prend de l’influence grâce à Arthur Auderset. Celui-ci, membre du comité lausannois du POP, s’impose dès cette réunion comme le coordinateur du mouvement gymnasien. S’il tenait déjà ce rôle dans son gymnase d’Auguste Piccard les 30 et 31 octobre, il acquiert dès lors une stature quasiment cantonale.

Il est intéressant de constater que jusqu’à la mobilisation massive des gymnasiens le lundi 3 novembre, les popistes étaient plutôt préoccupés par la crise financière mondiale, laissant le soin aux syndicats de combattre Decfo-Sysrem. La vitalité des gymnasiens et la faible participation aux manifestations contre l’UBS les ont interpelés et les ont convaincus d’agir. Leur communiqué de presse du vendredi 7 novembre (www.popvaud.ch) et l’abondant placardage sur les murs de l’Université appelant à la manifestation du 11 semblent l’attester.

Comprenant que le 11 novembre sera, huitante ans après la première, une nouvelle journée historique, le POP peut y voir l’occasion d’enrayer une chute, entamée lors des dernières élections au Grand Conseil. Une grande mobilisation mardi lui permettrait de dynamiser sa base, d’apparaître à nouveau comme le défenseur des plus faibles et surtout, de mettre dans une position bien inconfortable le parti socialiste. Dix ans après la grève à l’Université, les images du Conseiller d’Etat Jean Jacques Schwaab, bloqué et chahuté par les étudiants, restent dans toutes les mémoires; celles d’Anne-Catherine Lyon, huée à la rue de la Barre le jeudi 30 octobre, pourraient, si le conflit se prolongeait, avoir un effet tout aussi funeste.

En apparaissant dans les médias comme le meneur des gymnasiens (4), Arthur Auderset, qui livre ici l’un de ses premiers combats, démontre dès aujourd’hui que son parti a conservé une certaine capacité de nuisance. Alors que la lutte qui oppose ce dernier à SolidaritéS fait encore rage, cette grève pourrait permettre à un nouvel acteur d’émerger et qui sait, reprendre à terme de l’influence sur Jean-Michel Dolivo et ses amis.

L’influence de la «gauche combative» et du POP en particulier sera encore plus évidente, si, dans les cortèges du 11 novembre, des gymnasiens présentent comme prévu de nouvelles revendications. Celles-ci s’axeront sur une meilleure défense du service public, et pourraient être précisées en exigeant la gratuité des écolages, une augmentation des subventions des cafétérias ainsi que la gratuité des transports publics régionaux. C’est grâce à ces nouveaux chevaux de bataille, différents de ceux de leurs enseignants et inscrits dans le programme politique du POP vaudois, que certains organisateurs du mouvement espèrent réussir à mobiliser leurs troupes après la journée de mardi.

Arthur Auderset et ses amis semblent avoir rapidement compris que le contrôle qu’ils peuvent exercer sur les élèves des autres gymnases reste fragile. C’est la raison pour laquelle, à plusieurs reprise, il est parvenu à bloquer des initiatives émanant d’autres établissements.

Tout d’abord, ils se sont violemment opposés à l’intervention d’un gymnasien de Beaulieu qui proposait d’élire, en deux étapes, un délégué gréviste par gymnase. C’est en traitant les élections de «pure connerie», et le système politique représentatif suisse de «bourgeois qui domine les personnes qui se croient représentées» que le jeune communiste a catégoriquement rejeté les propos de son interlocuteur. Résolu à ce qu’il n’y ait aucun leader (pour éviter l’immédiate «aliénation» des gymnasiens), il est parvenu à empêcher toute consultation, même électronique.

En second lieu, ils ont tout aussi fermement rejeté la proposition d’un gymnasien de Nyon qui souhaitait repousser la prochaine manifestation au 12. Alors que l’élève en question avait déjà prévenu ses amis par internet et prévu une campagne d’affichage, le fils d’un enseignant de gymnase, lui-même gymnasien à Burier, l’avertit que «Nyon [devrait] bien réfléchir aux conséquences de [ses] actes avant de détruire l’image de tout le mouvement».

Enfin, ils essayèrent d’imposer les nouvelles revendications déjà présentées.



Le programme de la grève du 11 novembre:

C’est lors d’une réunion à la Maison de quartier le 5 novembre au soir qu’Arthur Auderset et d’autres militants issus des gymnases on arrêté les grandes lignes de l’organisation qu’il souhaitent mettre sur pied pour le 11 novembre.

Ainsi, selon les dernières informations à notre disposition, la Maison de quartier et le gymnase Auguste Piccard devraient faire office de lieux de réunions. Il est également prévu d’imprimer six mille tracts en format A5 et deux mille en format A4.

Le procès-verbal de la séance du 5 novembre semble confirmer la volonté des jeunes militants de faire apparaître de nouvelles revendications, parallèles à celles des enseignants. Dans ce même procès-verbal est aussi exprimé le regret que, le 3 novembre, les enseignants aient un peu «écartés» les gymnasiens.



Et en guise de conclusion:

Nous avions déjà soulevé dans La Nation du 7 novembre les dangers sociaux que pouvaient représenter cette familiarisation des gymnasiens à la grève. Il semble effectivement que nous assistons ces derniers jours à une banalisation de la grève en ce qu’elle apparaît aux yeux de certains gymnasiens comme un moyen de s’amuser entre amis et d’avoir congé, sans pour autant que tous les enseignants, témoins certains de ce phénomène, n’adressent des messages encourageant à la retenue. Jamais ils ne rappellent que la grève se doit d’être une ultima ratio, une mesure de dernier recours. On craint alors que certains ne profitent de cette situation.

Nous avons relevé ci-dessus le glissement s’étant produit d’un mouvement syndical au départ, à un mouvement partisan. Alors qu’ils ne le devraient pas, plusieurs éléments distincts socialement sont ici mêlés.

Tout d’abord on confond gymnasiens et enseignants. Les intérêts réels des premiers sont avant tout de recevoir un enseignement tendant au développement de l’esprit critique et, si la volonté des seconds de défendre leur situation est naturelle, la solidarité avancée pour justifier la présence des gymnasiens dans les manifestations n’excuse pas le désastreux message qui leur est délivré.

Ensuite, on confond lutte syndicale et lutte partisane. La lutte syndicale est l’expression des préoccupations d’une profession. Ancrés dans la réalité de la salle de classe, les enseignants sont confrontés directement aux problèmes qu’ils sont susceptibles de rencontrer. Ils sont ceux qui les connaissent le mieux. De l’autre côté, le parti a pour but la conquête du pouvoir. Il doit s’affirmer face à l’adversaire, redonner confiance à l’électeur. Sa fin n’est pas la défense d’intérêts réels, mais l’imposition d’une idéologie à laquelle la réalité devra plier s’il le faut.

Il subsiste un danger. D’ordre beaucoup plus pratique, il n’en n’est pas moins inquiétant. On a vu que les militants issus des gymnases avaient élaboré un programme de revendications parallèles, assez proches de celles inscrites dans le programme du POP avant de s’en éloigner pour se concentrer sur la fonction publique en général et ses problèmes . Que se passerait-il si, le 12 au soir, le Conseil d’Etat parvenait à un accord avec tous les syndicats? Faudrait-il compter sur une éventuelle prolongation des manifestations? On doute que les enseignants soient en mesure de s’y opposer.

Plus cynique mais paraissant peu réaliste, une autre éventualité est toutefois à envisager: et si, après l’échec des négociations, les enseignants retournaient en classe, feignant la soumission et laissant les gymnasiens continuer le mouvement à leur place, au nom du service public et d’un enseignement de qualité. Si cela devait arriver, la grève ne serait que très peu contrôlable et d’autant plus inquiétante.

FÉLICIEN MONNIER
10.11.2008



NOTES:

1) M. Amaudruz complète avec l’élément factuel suivant: […] et ses conséquences dans le secteur de l’enseignement gymnasial. A l’annonce de la part de la direction de la fermeture du bâtiment pour des questions de sécurité vu le nombre de grévistes annoncés, de nombreux élèves se sont dits «solidaires» avec le mouvement de leurs enseignants. (modification au 13 novembre)

2) Nous avons appris par la suite, grâce à l’intervention de M. Amaudruz, que si ce dernier avait effectivement dirigé la séance d’informations au nom de l’assemblée des maîtres, il se serait contenté de «participer avec ses collègues, le 31, à la manifestation accompagnés de gymnasiens.» (modification au 13 novembre; pour le commentaire de cette affirmation, prière de se référer à notre réponse infra)

3) Suite à la parution de cet article, on nous a signalé qu’il s’agissait plutôt d’un puis de plusieurs gymnasiens de 3e année. La direction n’avait évidemment rien à voir avec cette mesure. (modification au 13 novembre)

4) Interviewé par la Télévision suisse romande au «19h00» le vendredi 31 octobre, par 24 heures dans son édition du mardi 4 novembre p.3, et invité de l’émission «Bonsoir» de RomRadio le vendredi 7 novembre.



Réaction de M. Amaudruz, délégué AVMG pour le gymnase de Sévelin:

«[...] je tiens à préciser que lors de la présentation de DECFO-SYSREM dans mon gymnase [de Sévelin], je suis resté neutre dans ma manière de présenter et surtout je n’ai jamais insinué, ni demandé personnellement à des élèves de venir soutenir le mouvement de leurs enseignants (mon directeur qui était présent pourrait vous le confirmer). Le but de celle-ci était d’informer les élèves sur les causes qui ont poussé leurs maîtres, après une année et demie de lutte acharnée, à commencer une grève qui a été reconduite à maintes reprises.

Durant les manifestations, il y a eu un à plusieurs mégaphones qui ont été utilisés par plusieurs de mes collègues dont moi aussi. Par contre, je ne souhaite pas prendre tout seul, selon vos dires, cette responsabilité. Le mégaphones n’avait pas comme but de «mener» les élèves, mais d’animer la manifestation en tenant des propos en cohérence avec la lutte des maîtres de gymnase et tous les perdants au sein de DECFO-SYSREM.

Dans le futur, je vous demande de bien vouloir m’avertir avant la parution d’un article me nommant personnellement, dans le but d’être honnête vis-à-vis de moi et surtout d’écrire des faits qui se sont réellement passés et non interprétés depuis un forum où les identités de ses participants ne sont pas complètement garanties. […].»



Réponse à M. Amaudruz:

Depuis la mise en ligne de notre enquête, lundi 10 novembre, plusieurs lecteurs ont réagi en nous écrivant sur notre groupe facebook (http://www.facebook.com/group.php?gid=35500357548) ou directement par courriel. A la demande de son auteur, nous avons publié ci-dessus le courrier de Monsieur Sylvain Amaudruz, reçu le 12 novembre.

Nous en profitons pour apporter quelques précisions quant au déroulement de notre enquête. Si nous avons abondamment utilisé les forums de l’AVMG (Association vaudoise des maîtres de gymnase) et de la Coordination vaudoise des gymnasiens, tous les fait présentés ont été vérifiés par d’autres biais. Les témoignages de gymnasiens ou d’enseignants, clairement identifiés, ont été analysés puis encore confrontés à d’autres types de sources (photos, reportages radio ou tv). Lorsqu’ils divergeaient ou étaient imprécis, comme sur les propos tenus par M. Amaudruz le 30 devant les gymnasiens et le directeur, nous avons préféré ne pas entrer dans les détails plutôt que d’apporter de fausses assertions. Aujourd’hui, les réactions de nos lecteurs nous permettent d’affiner notre présentation, mais aucune ne la contredit sur le fond. Si cette fructueuse collaboration se poursuit, nous pourrons, dans les prochains jours, dresser un panorama général du mouvement gymnasien.

Comme nous l’avons précisé dans notre introduction, c’est toujours la subite participation des élèves qui nous intéresse. En conservant cette optique, il est inévitable que des maîtres apparaissent plus souvent que d’autres et cela pour deux raisons principales:
- Du nombre de contact que nous avons dans chaque gymnase
- Du charisme de l’enseignant

A l’exception du gymnase d’Yverdon, nous disposons d’informations en provenance de tous les autres établissements vaudois. Mais faute de temps et de moyens, nous avons souvent des difficultés à vérifier les informations des gymnases sis hors de la capitale, et par là, de comprendre le rôle exact des leurs enseignants. Afin d’éviter toute erreur les impliquant, nous avons préféré nous taire jusqu’ici et plutôt parler des maîtres lausannois.

Le charisme ou plus précisément la «cote de popularité» du maître a aussi toute son importance. Même si plusieurs enseignants se succèdent au mégaphone, l’impact sur leurs élèves sera toujours différent. Sylvain Amaudruz a le privilège d’être apprécié par ses étudiants qui aiment la manière dont il leur enseigne les mathématiques. L’influence de ses propos sera alors, même involontairement, beaucoup plus grande que celle de ses collègues. C’est la raison pour laquelle près d’une dizaine de gymnasiens se souviennent précisément de ses interventions lors des deux premières manifestations (30 et 31 octobre). Ils évoquent successivement le «discours exalté» du 30 ou la «puissance» et «l’esthétisme» des interventions du lendemain, pour ne rien dire des «chants» qu’ils lui attribuent.

C’est pour éviter de telles méprises, qui pourraient avoir de lourdes conséquences, que la Ligue vaudoise a déploré, et déplore toujours, l’implication des gymnasiens dans ce mouvement. Le risque est peut-être plus grand lorsque l’enseignant est apprécié par ses élèves et que sa différence d’âge avec eux est réduite, mais il subsiste toujours. La bonne foi du maître n’y changera rien.

F.M.



SOURCES:

Forum de la coordination vaudoise des gymnasiens:
http://cdgvaud.1fr1.net

Forum de l’AVMG:
http://www.avmg.ch/phpBB3

Plusieurs groupes sur www.facebook.com:

Lundi 10 novembre 2008
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09.04.2020 - 09:09