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On nous écrit: Soljenitsyne et l’Ukraine

RédactionOn nous écrit
La Nation n° 2046 10 juin 2016

L’article «Soljenitsyne et l’Ukraine», paru dans La Nation n° 2043 du 29 avril dernier, a suscité des réactions de deux de nos lecteurs.

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Qui mieux que Soljenitsyne peut être pris pour témoin de l’extraordinaire repli que la Russie et la nation russe ont effectué sur elles-mêmes depuis la chute de l’Union soviétique? […]

Dans un premier temps, Soljenitsyne est même allé jusqu’à admettre qu’un territoire autonome comme la Tchétchénie, qui faisait partie intégrante de la Fédération de Russie, puisse revendiquer son indépendance, au risque de voir la Russie elle-même se démembrer et perdre d’autres membres non russes de la Fédération, comme la Bachkirie musulmane enclavée dans les terres orthodoxes.

Par la suite, il a donné raison à Poutine, lorsque la Russie est intervenue par la force en Tchétchénie, conscient que sa frontière sud était mise en danger par la menace du terrorisme islamiste. On ne peut donc pas affirmer, comme le fait M. Perrin, que Poutine «se révèle plus impérialiste que l’ancien zek». Contrairement à ce qu’une certaine propagande veut nous faire croire, Poutine et son gouvernement n’ont émis aucune revendication sur des territoires extérieurs à la Fédération russe. Concernant les provinces de l’Est de l’Ukraine, sa position est celle qui a été consacrée par les Accords de Minsk, à savoir que ces provinces doivent rester ukrainiennes, mais se voir garantir une autonomie réelle grâce à une réforme constitutionnelle faisant de l’Ukraine une fédération. Réforme que l’Ukraine, pourtant signataire des accords, se révèle incapable de réaliser. Quant à la Crimée, Soljenitsyne considérait lui-même qu’elle n’était devenue ukrainienne que par une «lubie de Khrouchtchev». A ce sujet, il semble qu’on n’ait toujours pas retrouvé l’original de l’acte officiel par lequel la Crimée a été rattachée en 1954 à l’Ukraine! Bien au contraire, il a été démontré par un spécialiste suisse du droit international1 qu’en 1991 la république autonome de Crimée s’était déjà prononcée par référendum et avait demandé à être détachée de l’Ukraine pour rester au sein de l’URSS agonisante.

Jean-Marc Bovy

 

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Fidèle lecteur et abonné depuis deux ans à La Nation, j’ai toujours eu du plaisir à lire la plupart de vos auteurs. J’apprécie tout particulièrement les contributions de M. J. Perrin pour la clarté de son style et la rigueur de sa pensée.

Comme je suis originaire de Russie, c’est avec un grand intérêt que j’ai lu l’article dans la dernière livraison du journal consacré à Soljenitsyne. Cependant, tout à la fin de l’article, j’ai constaté un fâcheux contresens. Je ne sais pais si l’erreur est due à l’auteur de l’article ou à la traduction.

«La loi individualiste des truands: je crève aujourd’hui, demain ce sera toi…»

Tout au contraire. L’ignoble slogan se présente comme cela: «Crève aujourd’hui, moi, ce sera demain.» (En russe: ???? ?? ???????, ? ? ??????). L’expression est très connue en russe, je ne pense pas que l’auteur (Soljenitsyne) se soit trompé en la citant.

Merci de votre attention et continuez à titiller la curiosité intellectuelle de vos lecteurs!

Nicolas Potapov

1 Arnaud Dotézac, «L’ineptie des sanctions économiques (et pourquoi la Crimée pourrait avoir été russe depuis 1991)», revue Market, septembre-octobre 2014, à consulter sur le site www.les-crises.fr.

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