Grève du journal

Jean-Michel Henny La Nation n° 2138 20 décembre 2019

Il y a peu, des journalistes se sont plaints de la prétention du mouvement «Grève du climat» à orienter et contrôler préventivement le travail des journalistes invités à couvrir un évènement. L’association «Reporters sans Frontières» a parlé d’une atteinte flagrante à la liberté de la presse.

Les «grévistes» en question sont d’excellents communicateurs et savent organiser des évènements qui attirent l’attention. Il s’agissait en l’occurrence du tirage au sort d’un candidat anonyme à l’élection complémentaire au Conseil d’État de février prochain. Les journalistes ont été dûment invités à cette manifestation mais ils ont dû signer une «charte médias» qui fixait des restrictions dans la manière de relater l’évènement. Certains ont parlé d’un «ton stalinien».

Il semble pourtant ici que les journalistes se trompent de cible et de combat.

La liberté de la presse est un droit qui peut être invoqué pour s’opposer à des contraintes étatiques. Si le Grand Conseil interdisait aux journalistes de relater ses débats, ce serait une atteinte à la liberté des médias, pour reprendre la terminologie de la Constitution vaudoise (article 20).

En l’occurrence, les grévistes du climat ont organisé un évènement médiatique, invité des journalistes et souhaité qu’on en parle abondamment. L’obligation de signer cette «charte médias» n’était-elle pas finalement un moyen de faire parler du groupement, dans l’optique d’une gestion très professionnelle de la communication à l’heure du marketing? D’ailleurs, le présent article peut être tenu pour l’un des effets de cette habile manœuvre!

Les journalistes auraient eu la possibilité, pour éviter de signer cette charte castratrice, de ne pas parler du tout de cet évènement purement privé.

Mais, parfois, l’appât du scoop…

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29.09.2020 - 21:18