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Le gymnase en quatre ans

Jean-Pierre Grin
La Nation n° 2214 18 novembre 2022

La Confédération propose une uniformisation de la maturité sur le modèle alémanique, soit une année de plus au gymnase qui serait généralisé sur quatre ans. Cette proposition est un rallongement des études et, pour certains, de leur formation professionnelle. Il y a un certain nombre d’années, il était possible dans le Canton de Vaud de le faire en deux ans seulement.

Vouloir encore rallonger ce temps d’études d’une année supplémentaire recule l’entrée dans la vie active au détriment de l’autonomie financière des jeunes adultes et de leur future expérience professionnelle. On répète à satiété qu’il faut se former ou se renouveler tout au long de la vie, ce qui n’est pas faux du tout, mais cela suppose logiquement qu’on n’attende pas trop pour commencer.

Aujourd’hui déjà, on ne sait pas où mettre les trop nombreux gymnasiens; voulons-nous encore bétonner davantage notre territoire en obligeant le Canton à construire de nouveaux bâtiments? Au sortir de l’école obligatoire, seul un élève vaudois sur cinq rejoint directement la formation professionnelle, tandis que 47% s’en vont au gymnase, presque un élève sur deux.

Le paradoxe est que, cinq ans plus tard, ils seront plus de la moitié à être passés par la formation duale. Selon les statistiques, la grande majorité des jeunes ignorent quasi tout du monde du travail à la fin de leur scolarité obligatoire, qui est le moment de faire leur choix d’orientation.

Donc l’orientation professionnelle doit être améliorée à l’école déjà; pour combler ces lacunes, le Salon des métiers ainsi que des stages professionnels permettent aux jeunes de s’orienter sur le monde du travail en aiguisant certaines motivations. Un enjeu important consiste à encourager l’apprentissage comme premier choix en fin de scolarité pour celles et ceux qui ne veulent pas faire d’études universitaires. On ne doit pas considérer le gymnase comme le prolongement de l’école obligatoire, comme c’est trop souvent le cas, mais comme le tremplin vers l’Université et les Ecoles Polytechniques fédérales (EPF).

L’orientation professionnelle doit développer une vraie communication sur les métiers, mais cette responsabilité doit être partagée entre les parents et les enseignants à l’école déjà, pour faire mieux connaître notre formation duale et ses ouvertures sur la maturité professionnelle et les Hautes écoles spécialisées, ou encore vers les diplômes fédéraux. L’apprentissage ne doit plus être considéré comme un second choix pour nos jeunes. Avec les différentes structures de transition, il peut aussi être un tremplin vers une future orientation académique.

Pour éviter de surcharger les gymnases, il faut expliquer à notre jeunesse que la formation duale est un chemin vers le monde du travail et qu’elle peut aussi, tout en favorisant une petite indépendance financière, conduire vers les Hautes Ecoles Spécialisées. Les métiers verts manquent d’apprentis, qu’on se le dise!

Laissons aux gymnases leur rôle important de transition directe vers le monde universitaire; pour cela, trois ans sont largement suffisants. Vouloir ajouter une année serait une très lourde et coûteuse adaptation pour notre Canton et pourrait aussi pénaliser les besoins de notre économie.

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