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Municipalité de Lausanne: les partis ont décidé

Félicien Monnier
La Nation n° 2172 9 avril 2021

La récente et écrasante victoire de la gauche lausannoise aux élections à la Municipalité a une nouvelle fois mis en lumière le pire travers de la démocratie électorale: les partis, leur organisation, et la composition de leurs cadres ont une influence d’autant plus forte sur le score final que l’assise idéologique du mouvement qu’ils composent est large. Il est un stade de diffusion d’une idéologie où l’appareil du parti prend le pas sur le corps électoral.

Dans une chronique du Temps, la journaliste Aïna Skjellaug s’est, l’après-midi du vote, interrogée sur la pertinence de maintenir, dans de telles circonstances, des élections: «A quoi sert une campagne électorale, si elle est à impact complètement zéro ? Si les personnalités n’ont quasi aucune importance dans le résultat ? Si le bilan particulier de telle ou tel n’a pas la moindre conséquence sur son score ?» Emettant, certes, une critique de principe à l’encontre des élections, nous les avons cependant généralement admises au niveau communal, jugeant le bassin électoral suffisamment petit, et les enjeux suffisamment faibles, pour supporter d’être le terrain de jeu des candidats.

Cette année, cette tendance du régime a eu un visage particulièrement dur chez les Verts avec l’éviction, en vue du second tour, de l’éco-technocrate fédéral Daniel Dubas au profit de l’avocat militant féministe urbain Xavier Company. M. Dubas avait pourtant fait un meilleur score au premier tour que son colistier. Une cabale de quelques jeunes militants plus violets que verts a suffi pour renverser la tendance. M. Daniel Brélaz fut bien dégoûté de ce qu’il appela alors un manque de culture politique. Mais Daniel Brélaz aurait, dit-on, été relégué au statut de vieux mâle blanc cis-genre.

La démocratie électorale sert d’abord à donner la préséance aux arrangement internes et intrapartis, aux alliances de circonstance et à l’attribution des prébendes. Et la réalité vient de démontrer combien cette affirmation n’est pas un propos de comptoir. Ce qui fut, plus d’un siècle durant, le propre des radicaux semble désormais être de mise chez les roses-verts.

Une solution pourrait être de mener, pour l’élection de nos Municipalités, une vraie élection majoritaire ne laissant aucune place au système des listes. Certes, les partis décideraient toujours des noms qu’ils inscriraient sur la longue liste unique. L’électeur se verrait toutefois privé de la facilité de n’introduire dans l’urne qu’un bulletin préfabriqué. Il pourrait ainsi – à l’échelle communale qui est suffisamment petite pour déployer rapidement un effet – sérieusement amoindrir l’intérêt de mener, au sein des partis, des pactes d’alcôves et d’autres menées. Cela aurait en outre l’avantage de favoriser des personnalités s’étant démarquées ailleurs qu’au seul sein d’un parti ou des mouvements associatifs lui étant associés. Le pays réel en ressortirait gagnant.

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