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Blackout

Jean-François Pasche
La Nation n° 2186 22 octobre 2021

Le Temps est revenu dans son édition du lundi 18 octobre1 sur le récent rapport de l’Office fédéral de l’énergie mettant en garde contre un risque de manque d’électricité en Suisse d’ici à 2025. Deux solutions à ce problème sont présentées par le quotidien. Premièrement, il relève le regain d’intérêt pour l’énergie nucléaire. Deuxièmement, et c’est plus surprenant, le lecteur apprend qu’on envisage de construire 2000 mini-centrales à gaz pour répondre à l’urgence de la sécurité de l’approvisionnement électrique de notre pays. Nous ne dérogerions donc pas à la règle selon laquelle les pays en transition vers la durabilité tant chérie des écologistes finissent par se trouver dans l’obligation de produire une part importante de leur électricité avec de l’énergie fossile.

Citant Roger Nordmann, qui défend le projet malgré son attachement aux énergies renouvelables, Le Temps met en avant les avantages de ces centrales. Tout d’abord elles sont compactes, de la taille d’un gros camion. Ensuite, on peut les mettre en service très rapidement, ce qui leur permet de répondre vite à une demande forte et soudaine. On comprend mieux pourquoi l’éolien et le solaire ne sont même pas mentionnés ici, bien incapables qu’ils sont de remplir une telle mission.

Nous accordons que cette solution est séduisante, mais c’est surtout la conclusion de l’article qui laisse songeur: «Quant à l’Europe, écrit Le Temps, le socialiste vaudois le relève: “ La solidarité européenne nous aide beaucoup. Mais il est évident que l’accord institutionnel avec l’UE nous aurait facilité la tâche. ” Le refus de l’accord institutionnel avec l’Union européenne n’a pas amélioré la situation.»

Dans les faits, l’approvisionnement électrique est aussi un problème pour nos voisins. L’Allemagne, à qui nous achetons beaucoup d’énergie, va arrêter ses centrales à charbon. La France a elle-même risqué le blackout l’hiver passé. La dépendance de la Suisse envers ses voisins en matière d’électricité est un problème en soi. Les relations tendues avec l’Europe ne font que le mettre un peu plus en lumière. Accord-cadre ou pas, quelle part obtenir des autres de ce qui leur manque aussi?

Notes:

1  Stéphane Bussard, «Vers des pénuries d’électricité?».

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