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Un cauchemar minable

Le Coin du Ronchon
La Nation n° 1959 25 janvier 2013

Vous croyez vivre dans un beau pays, moderne et prospère? Ne vous fiez pas aux apparences: les lieux les plus enchanteurs dissimulent des situations horribles; des drames épouvantables se déroulent là où nous les attendons le moins. Heureusement, la presse est là pour nous révéler la réalité cauchemardesque qui nous entoure.

Car c’est bien de cela qu’il s’agit: «Le cauchemar des nouveaux trains dans les vieilles gares», titrait 24 heures le 15 janvier. Figurez-vous que, dans certaines gares pas encore modernisées, il faut lever les pieds pour monter dans les trains modernes! «Un espace d’une trentaine de centimètres entre la rame à l’arrêt et le quai de la gare. Un trou qui se transforme en gouffre pour les personnes âgées.» Qui eût cru que, dans un XXIe siècle déjà bien entamé, on pût infliger un traitement aussi inhumain aux voyageurs! horresco referens

La moquerie sera sans doute fustigée comme un scandaleux manque de sensibilité à l’égard des «personnes à mobilité réduite». Eh bien tant pis! Et d’ailleurs, c’est moins de la moquerie que de la colère. L’auteur de ces lignes n’a pas pour habitude de s’émouvoir outre mesure de la misère du monde, certes non… Mais tout de même! sans sombrer dans un tiers-mondisme de mauvais aloi, sans parler des cas extrêmes des populations confrontées à des guerres ou à des famines, on peut bien penser qu’il existe encore sur notre continent, dans des pays pas si lointains, des gens, même âgés, même handicapés, qui seraient bien contents de n’avoir qu’à lever le pied de trente centimètres pour monter dans des trains modernes!

Quand on vit dans le pays le plus riche du monde, avec la qualité de vie la plus élevée au monde, avec le réseau de transports publics parmi les plus denses du monde, avec des gares très correctement entretenues et des trains luxueux, on a assurément le droit de se plaindre que ces derniers sont mal fréquentés, de dénoncer certaines situations absurdes, de signaler des problèmes non résolus. On a le droit de râler, oui, mais avec un minimum de décence, d’humour, de «deuxième degré». et on a aussi le droit de ressentir comme un douloureux signe de décadence le fait qu’un journal ose parler de «cauchemar» pour une marche de trente ou même de cinquante centimètres.

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